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3646 (A,D) - Origines, variantes, rééditions - Quelles différences ?

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Salgado

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3646 (A,D) - Origines, variantes, rééditions - Quelles différences ?



Sans reprendre l’Histoire de ces 3646 (A,D), disons sommairement en préambule qu’elles se situent entre les 3646 Cali et les 6152, avec une évolution entre elles (cadran clouté, couronne plate vers couronne diamantée, aiguilles bleues vers aiguilles or pour l'oxydation,...) et si l’on veut hiérarchiser son rang, elle serait troisième après la 2533, la première de toutes, qui resta à l’état de prototype et la 3646 Cali.
Ces 3646 se différencient à l’époque des deux précitées par l’évolution de leur structure, nous passons du cadran peint de la 3646 Cali à une architecture sandwich, à savoir une plaque de matière luminescente (Radium et sulfure de Zinc à cette époque) sur laquelle est posée le cadran à quatre chiffres, jusque là, rien de nouveau pour nous.






Rappelons tout de même que le Radium est l’élément le plus radioactif connu, sa demi-vie avoisine 1620 ans, de radioactivité 1 million de fois plus importante que l’Uranium, autant dire que disposer d’un tel garde-temps n’était déjà en soi pas anodin.
Son avantage est sa luminescence constante sans source lumineuse préalable.
En opposition avec le Luminova qui est lui un processus de phosphorescence par absorption et restitution d’énergie emmagasinée.


La différence essentielle est que le Luminova nécessite une source initiale extérieure et s’épuise dans le temps, là où le radium est une source d’énergie constante dans le temps.

Jusqu’en 1953, c’était la folie des cadrans peints au Radium, que l’on louait pour sa stabilité et sa luminescence mélangée au Zinc, sans penser à sa dangerosité. Nous ne reviendrons pas ici sur les ateliers de peinture au Radium qui donnèrent lieu à nombre d’irradiations et de cancers…

Source:HourConquest


Pour être complet sur cette période de production par Rolex pour Panerai, tous les modèles militaires de montres de plongée étaient en 47mm, notamment destinés à figurer sur les tenues de combat, dont un exemple de cotes figure sur le croquis ci-dessous.


Il ne fut produit, selon les sources, qu’environ quelques centaines (300) à 1000/1500 pour l'hypothèse la plus vraisemblable, de ces montres dîtes ‘Vintage’ tous modèles confondus, dont le quota le plus important, environ 600 pièces rien que pour les 3646.

Ces 3646, livrées entre 1943 et 1945 aux nageurs de combat italiens et allemands, étaient initialement distribuées en modèle ‘Radiomir Panerai’, figuraient également les cadrans ‘Rolex Panerai’ sans inscription pour ‘Kampfschwimmer’ peut-être par discrétion, puis les Cali d’avant livrées à la marine Royale Italienne et d’après les 3646 ‘3,6,9,12’ livrées aux nageurs allemands.
Diverses périodes où ces 3646 foisonnaient sous différents cadrans.



Rappelons le cahier des charges de l’époque, il se constituait de trois points :
La montre devait pouvoir aller sous l’eau.
Etre lisible dans l’obscurité sous-marine.
Etre large pour optimiser sa visibilité dans toutes les conditions de combat.




Après avoir récapitulé les différences intrinsèques de ces Vintages, nous aborderons trois de ses fameuses rééditions, à savoir la PAM 21, la PAM 232 et la PAM 294.

LES 3646 ENTRE-ELLES



Les points de comparaisons sont vraiment nombreux tant il y demeure de variations interindividuelles.
Sans être exhaustif, je m’appliquerai à apporter bon nombre d’exemples afin de mieux comprendre la complexité de ces modèles.

En premier lieu, parlons des cadrans :
Les tous premiers modèles furent peints, et non sandwich, où le Radium fut appliqué à même le cadran et non sur une sous-couche. Aucun verni ne fut appliqué, il y eut donc importante désagrégation de la matière.


Puis vint la généralisation du cadran sandwich avec sous couche recouverte de Radium mêlé avec du sulfate de Zinc et fixé par un verni. C’est là, la plupart des modèles qui nous sont parvenus.

Les aiguilles en Or, longues, plates et couleur ‘Or jaune’, remplies de Radium, ou bien encore bleuies, donc chauffée entre 300 et 310 degrés (du bleu clair vers le bleu nuit) afin de lutter contre la corrosion.






La couronne, de forme diamantée, souvent sous Logo ‘BREVET +’. Notons que le remontage était très cranté, plus qu’un Unitas, avec un vissage de couronne très bref, de l’ordre du quart de tour.




Outre le type de cadran, la distinction était importante au dos du boitier, où l’on retrouvait de nettes différences d’inscriptions, allant du simple numéro de série à l’inscription 7 lignes de Brevet Rolex ou bien encore une gravure personnalisée pour et par son propriétaire avec l’année et parfois le terme ‘Kampfschwimmer’, voire encore de simples initiales, peut-être de son propriétaire.
Déjà la personnalisation avait cours, ce qui les rend si uniques, encore aujourd’hui.


Exemple de fond d'une 6152 et d'une 3646





A l’intérieur

Le joint était assuré par un cercle d’argent, pour une une étanchéité rudimentaire mais efficace.

Le mouvement était un Rolex 618 sur base Cortébert, mouvement mécanique à remontage manuel développé par Cortébert pour Rolex sur une base Cortébert 616, ayant une réserve de marche d’environ 41 heures.




Les anses étaient soudées pour un maintien optimal lors des plongées avec un large strap en cuir souple qui venait se placer sur la tenue de combat, souvent associé à une boucle de type Knife Edge.


Le strap était soit cousu directement sur l’anse, soit disposait d’un mécanisme avec deux agrafes qui se recourbaient au travers de la languette du strap comme sur les premières Oyster étanches.



Leur cote est difficile à établir. L'une vendue aux enchères fin 2013 l’a été à 160 000 USD, leur estimation avant vente se situant chez la plupart des maisons entre 50 000 et 100 000 USD.


1ère REEDITION


En 1997, soit à très peu de temps du rachat par le Groupe Richemont de la division montres de Panerai, sort la PAM 21, ‘presque’ fidèle réplique des Vintages 3646 ‘4 chiffres’.


Fidèles en de nombreux points, d’abord un boitier 47mm pas en acier mais en platine avec une boucle en or blanc, produite à seulement 60 exemplaires, elle est la toute première Edition Spéciale.
Le cadran est marron, les aiguilles en Or jaune et bien sûr on ne trouve pas de Radium mais du Tritium.

Sans entrer dans les détails, le Tritium utilisé par Panerai, lui aussi radioactif, utilise la norme 8/3 ISO protégé par l'application d'un vernis laqué conformément aux normes internationales.
La période radioactive du Tritium est 12,33 ans, au-delà, son activité diminue de moitié.

Sur ce cadran, seules deux lignes figuent : ‘Radiomir Panerai’ sans autre inscription, même sous le ‘6’.

Son fond ou devrais-je dire ses fonds car deux étaient disponibles, l’un transparent afin d’admirer le magnifique mouvement Rolex et l’autre plein en platine, livré avec un outil de changement de fond, c’est pour le moins original.




Sur ce fond est noté en plus du numéro de série et du numéro d’exemplaire, un magnifique ‘REPLICA STORICA’ sur fond ciselé, comme les Vintages.

Elle venait avec un strap alligator marron du plus bel effet, que nous avions plutôt intérêt à apprécier car....
…fort clin d’œil à la période Vintage, ses anses à fil, tenez-vous bien sont soudées. Un changement impliquait donc de couper le strap !




Sa couronne diamantée vissée garanti une étanchéité à 30 mètres. Sur cette dernière, sont gravées les deux lettres ‘OP’.


Quant au mouvement, c’est un mouvement ‘noble’ Rolex 618, superbe au travers du fond.
Le tout pour un poids contenu de 124g.

Et tout cela dans une boite splendide rectangulaire en bois sombre, avec deux clefs finement travaillées, le parchemin, la carte de garantie, un second fond, un outil de changement, un livre intitulé : I Mezzi d’assalto della Xa Flottiglia Mas 1940-1945.


Inutile de dire que pour nombre d’adorateurs de cette période, c’est un graal qui justifierait une cote avoisinant les 200 000 dollars voire 250 000 USD chez d’autres revendeurs.

Vidéo 21 ici : http://www.youtube.com/watch?v=9RRoHc_j1c8


2ème REEDITION

En 2006, soit huit années après les 60 exemplaires exceptionnels à bien des égards de la PAM 21, sort la PAM 232.




Nous la connaissons, je ne vous apprendrai rien sinon peut-être quelques détails.

Edition Limitée elle aussi mais à 1938 exemplaires, en hommage à la date de création du modèle des Origines plus 40 exemplaires OOR.

Rappelons qu’elle présente un boitier en 47mm mais en acier 316L.
Son cadran tabac à structure sandwich sur plaque de SuperLuminova ‘vert’, rappelle celui de la PAM 21 à quelques détails près, dont l’inscription sous le ‘6’ du ‘L SWISS MADE L’, qui est là, bien présente.




Surmonté d’un verre saphir et non plexi.

Ensuite, certains diront que les chiffres présentent une infime variation de largeur au regard de la PAM 21, de l’ordre du 1/10ème de millimètres, admettons, je ne suis pas allé vérifier.
En revanche, l’inscription ‘RADIOMIR PANERAI’ est visiblement moins épaisse que sur la PAM 21.

Nous retrouvons des aiguilles ‘Or’, larges et plates ainsi qu’un fond vissé plein sans trop de fioritures.
Le mouvement, cette fois n’est pas un Rolex 618 mais un OPX de 56h de RDM.

Source:orologi.forumfree.it




Panerai associera sur cette réplique des anses à fil amovibles (sous brevet OP) et non plus soudées.
Sur la couronne de forme diamantée, est gravé le logo OP et non plus les lettres ‘OP’.
L’étanchéité pour ce modèle est porté à 10 bars, soit environ 100m.

Source:orologi.forumfree.it



Source:orologi.forumfree.it


Enfin, cette 232 est livrée dans un grand écrin SL en poirier avec parchemin, booklets, carte de garantie et un livre : Legendary Watches.


Sa cote est restée stable autour de 7000 euros, valeur sûre, pièce fortement appréciée de la communauté OP dans le monde entier.
Les 40 modèles ‘OOR’ présentent eux, une surcote de l’ordre de 20%.


Vidéo 232 ici : http://www.youtube.com/watch?v=YcWYA4XqKdE


P.S. Notons l’existence de sa jumelle en Or Rose poli la PAM 379, Edition Spéciale de 2011.


3ème REEDITION

Enfin, c’est en 2010 que Panerai nous propose la PAM 294, modèle disons-le tant adulé que décrié, nous y reviendrons plus bas.

Source:Watchlounge.com



Source:Watchlounge.com

Edition limitée à 49 exemplaires, chiffre mystérieux, qui reprend divers éléments de la 232 et de la 249. Certaines mauvaises langues diront que c’est le modèle des ‘restes’.
Qui est qui ? Bien sûr, le Plexi bombé nous apporte la réponse !


Source:Rwgforum.net


Puisque la 294, c’est le boitier, la couronne, le mouvement, le fond de la 249 avec le cadran et les aiguilles de la 232. Ici, OP n’essaie pas de rééditer une Vintage mais d’assembler les éléments qui ont fait le succès des années précédentes en réédition.

Au regard de la 232 de laquelle elle est plus proche, un plexi dôme les différencie, qui confère à cette 294 une épaisseur supplémentaire et un aspect cher aux Vintages.

Le boitier numéro OP 6675, est ici gravé des deux cotés aux entre cornes, comme la 249.
Le fond est transparent laissant apparaître un OPX, toujours joli à regarder.


Sa cote sur le marché de l’occasion se situe entre 20 000 et 30 000 USD. En 2010, les rares ventes se situaient autour de 15 000 USD.



CONCLUSION

Au terme de comparatif historié, que retenir ?

Tout d’abord, que la magie opère de par le vieillissement des 3646 d’époque, l’usure du Radium, des aiguilles, du cadran, la couleur orangée du Radium vernissé, le mouvement.
Quoique l’on en pense, ce dut être un sacré challenge vers 1940 de créer de tels modèles ‘militaires’. Ce sont des pièces quasi-uniques.

Ensuite, les rééditions, et ce qui frappe est tout de même leur production intimiste, même la 232, qui peut paraître plus diffusée, est au même titre que le fut la 372, produite pour satisfaire notre communauté, et sur ce point, elle ne déçoit pas, encore actuellement.

Si l’on oublie la 294, qui n’apporte que peu de choses, la 21 reste une prouesse, jusqu’à offrir deux fonds et l’absence de toute écriture superflue.
Si seulement elle n’avait pas été produite en métal précieux, c’eût été un sans faute.



 cheers Il me reste à espérer que votre plaisir de lecture a été à la hauteur de celui que j’ai eu à l’écrire. cheers 


Merci à l'ensemble des sources inépuisables qui m'ont aidées à synthétiser tout cela, en vrac, Vintage Panerai de Volker, la Bible de la période ; le dot com et ses spécialistes ; les posts glanés de ci de là sur OPF, Rgwforum, ClubPanerai en Italie, M. Wilmsem et son blog de belle qualité...


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